Point d'étape janvier 2026

3 ans après l'autorisation préfectorale, où en sommes-nous ?

Plantés en 2015, au moins 3200 arbres poussent sur la parcelle Gohorel YK100 à Cesson-Sévigné en Bretagne. La qualité de la biodiversité s’y accroît. Des visites terrain de la LPO au printemps 2025 ont recensé des oiseaux nichant sur la parcelle (cf nid pris en photo). En juillet 2025, une visite focalisée sur les insectes a recensé la Zygène du sainfoin (Zygaena carniolica), assez rare en Bretagne. Des courriers à laDDTM (voir ci-dessous des extraits de celui du 21 juin 2025) récapitulent ces éléments.

1- La SNCF a produit une attestation indiquant à tort que c'est une "friche industrielle". EdF, le maire de Cesson-Sévigné et le préfet se sont appuyés dessus pour autoriser le projet.

La SNCF affirme dans la même attestation être propriétaire de la parcelle, alors qu'elle en est gestionnaire "pour et au
nom de l'État". Selon l'ordonnance 2019, le propriétaire est l'État. Le maire et le préfet sont décisionnaires. SNCF éthique a été saisie en janvier 2026, et la direction RSE de la SNCF informée en février 2026.

2- Le 6 novembre 2024, le Maire de Cesson-Sévigné a expliqué que le service instructeur de la commune de Cesson-Sévigné n’avait aucune compétence pour vérifier la composition du dossier ou demander des pièces complémentaires, le dossier étant instruitpar la préfecture. Les services municipaux ne sont pas allés sur place avant de rendre l’avis “favorable”. La commune a rendu son avis sur la seule base des éléments et affirmation du porteur de projet, EdF, dont la demande de permis de construire affirmait que le site était sur un “délaissé ferroviaire” et une “friche”, une parcelle sans aucun engagement de l’État.

Le 6 novembre 2024 (lire ici le compte-rendu de réunion), le maire s'est engagé à :

  • demander au secrétaire général de la Préfecture d'annuler l’autorisation préfectorale sur ce projet au vu de la biodiversité présente sur la parcelle,
  • soutenir les référentes de quartier qui ont fait une demande à Rennes Métropole pour que le zonage de Rennes Métropole soit basé sur le réel, le boisement reconnu, la zone humide bien positionnée et la qualité du sol testée avec rigueur sur le site et non à la lisière de la route.

En février 2026, toujours pas d'annulation préfectorale. La révision 2025 du PLUi n’intègre pas le boisement. Le service de l'urbanisme et les élus cessonnais n'ont pas réussi à organiser de rencontre entre les services de Rennes Métropole, la préfecture et les riverains ou référentes de quartier.

3- Élus et services de Rennes Métropole ont fait plusieurs visites terrain et observé l'existence du boisement qu’ils
sont prêts à protéger. Qu’ils en soient remerciés.

Rennes Métropole a rassemblé les porteurs du projet (SNCF, EdF), et les autorités en charge du dossier (Préfecture et Rennes Métropole) en février 2025, pour tenter de trouver une solution sur cette parcelle. Elle a récolté les avis écrits des riverains avant cette rencontre. Cette approche collaborative est appréciable et appréciée.

La révision 2025 du PLUi aurait pu permettre de répertorier le boisement. Malheureusement, Rennes Métropole s’en est abstenue, pour ne pas être en conflit avec l'autorisation préfectorale du 4/1/24 (dossier déposé le 22/12/2023). Une décision décevante consultable p217 sur le registre de l'enquête publique.

Le 16 janvier 2026, M. Savignac, maire de Cesson-Sévigné, a confirmé à la référente de quartier Mme le Douarec que le
préfet est propriétaire de la parcelle Gohorel (la SNCF n’agissant que pour et au nom de l’État) et donc décisionnaire sur le projet PV de Gohorel. Il a proposé d’insister pour que le projet PV de Gohorel soit abandonné sans plus tarder.

Afin de respecter les objectifs étatiques en matière d’énergie renouvelable, il a évoqué la possibilité d’identifier des terrains alternatifs pour des projets PV sur la commune :

  • parkings (en coopération avec Rennes Métropole),
  • les merlons de la sortie de la Rocade (vers Forge) avec la DIRO ou/et
  • la Cour Pichot nouvellement terrassée illégalement, difficilement revégétalisable (même si les contraintes, suite aux études du sol, d’impact et surtout du voisinage très proche, risquent d’égratigner la rentabilité de ce projet).

Nous cherchons le service préfectoral compétent pour organiser ces échanges entre :

  • la préfecture
  • le maire de Cesson-Sévigné
  • les interlocuteurs Rennes Métropole en charge des parkings de Cesson-Sévigné
  • les riverains (associations de riverains ou référentes de quartier)
  • et, si c'est pertinent, la DIRO 35 et le porteur de projet EdF renouvelable.

Notre association reste disponible pour aider à la résolution rapide de ce sujet.

Pour contexte sur la biodiversité, extrait de lemail du 21 juin 2025 à la Préfecture

Un permis de construire a été obtenu pour l'installation d'une centrale de panneaux photovoltaïques sur le site boisé de
Gohorel. Ce permis a été hâtivement donné par le préfet en janvier 2024. Aucun de ces trois organismes n’a été saisi du dossier de Gohorel :

  • pas d'avis de la DDTM 35,
  • pas d'avis de la MRAe,
  • pas d'avis du CSRPN.

Vous trouverez ci-dessous des éléments qui devraient inciter la DDTM 35 à se saisir du dossier de la parcelle YK0100
(anciennement YK019), ceci dans l'objectif de prendre en compte le réel, sans faire aveuglément confiance à la SNCF et à EDF Renouvelables.

L'étude d'impact , page 89 évoque qu' "en période de nidification, l’AEI-PN peut être favorable au Bruant jaune, à la
Linotte mélodieuse et au Rossignol philomèle". D'après le plan p.125, le Chardonneret élégant et le Faucon crécerelle y nichent aussi. Page 127, le Verdier d'Europe est aussi recensé.

Or vous savez certainement que le Bruant Jaune, la Linotte mélodieuse, le Chardonneret élégant et le Verdier d'Europe sont des espères protégées, comme le sont d'ailleurs tous les Passereaux durant leurs périodes de nidification. L'abattage de l'ensemble du boisement devrait a minima faire l'objet d'une dérogation, et donc d'une saisine du CSRPN. Par ailleurs, le président de la MRAe Bretagne a indiqué par mail que la commission n’avait pas pu produire un avis collégial sur ce
dossier, compte tenu des délais réglementaires. Un avis tacite n’est pas synonyme d’avis favorable.

Permettez-moi de joindre à mon courrier la synthèse de trois relevés réalisés sur le site boisé de Gohorel au printemps 2025 par DominiqueJourdan, membre de la LPO.